mardi 8 novembre 2016

Avoir des enfants sages, est-ce un projet adéquat ?

Il y a quelques semaines, j'ai eu la chance de pouvoir assister à une conférence de Arnaud Derooéducateur de jeunes enfants, conseiller en éducation psycho-social, thérapeute et psychanalyste, organisée par le multi-accueil câlins et trottinettes  qui organise souvent des conférences dont les thèmes m'attirent.

Cette conférence avait un thème très intéressant, et tellement vaste : "Avoir des enfants sage, est-ce un projet adéquat ?"





Tout dabord, définissons le mot "sage". Qu'est-ce-qu'un enfant sage pour nous ? Dans notre société, un enfant sage signifie un enfant obéissant.

Il paraîtrait que, de nos jours, les enfants sont plus difficiles qu'avant et que ce serait à cause des parents ! Enfin, ça c'est ce qui se dit...

Arnaud Deroo met en avant le projet de vie que tout parent devrait avoir en commun : faire que les enfants soient heureux et non obéissants.
(Un petit exemple est donné qui parlera peut-être à certains. Quand on dépose son enfant à la crèche / école / nounou / famille, n'est-ce pas mieux de dire à son enfant "amuses-toi bien" ou "passes une bonne journée", plutôt que "sois-sage" ?

Nous avons tous la possibilité de vivre autrement, de revoir nos principes.
Éduquer un enfant c'est l'aider à s'élever face au monde. Il doit se sentir aimer inconditionnellement car aimer, c'est sans condition et demander à un enfant d'être sage, c'est émettre une condition à son amour.

Il faut savoir qu'un enfant apprend énormément par l'imitation, on l'a tous remarqué en tant que parents, que nos faits et gestes sont espionnés, nos mots sont répétés... 
On obtiendra donc beaucoup plus facilement le respect de sa part, en le respectant nous aussi. Le respect doit être mutuel.

On peut parfois avoir l'impression et l'envie de dire "il me cherche !", mais c'est faux, un enfant n'a pas cette volonté de faire exprès de nous énerver, mais simplement  ils font ressortir en nous des émotions / problèmes non résolus de notre passé / enfance car ils le sentent inconsciemment.
Les enfants ne nous veulent que du bien, et ils adorent nous aider, coopérer. S'il n'a plus envie, c'est qu'on lui en demande trop.
Quand on arrive à se libérer de nos principes, blessures, attentes, c'est là qu'on passe vraiment du temps avec son enfant, qu'on obtient une vraie relation.

Parfois aussi, après un beau moment passé avec son enfant, une sortie agréable, une activité qui s'est bien passé, etc..., on peut avoir un retour des choses très négatif quand, en rentrant, les enfants sont plus difficiles et cela peut être assez frustrant pour un parent. Arnaud Deroo l'explique par le fait que durant ce beau moment, les enfants ont eu la permission de sortir du stress, d'être vraiment libéré de tout "devoir" et qu'il peut être difficile de revenir à la vie quotidienne. Il ne faut jamais oublier que chaque moment avec nos enfants est un nouveau moment et qu'il faut faire la part des choses.

Une question se pose alors : pourquoi les enfants se comportent-ils de cette manière ?
La réponse est scientifique, car les enfants n'ont pas le même cerveau que nous, adultes. Ils ne voient pas le monde comme nous et ce qui est mal pour nous ne l'est pas forcément pour eux ! Tout comme nous n'avons plus leur imagination et il nous est parfois difficile de comprendre leurs "bêtises" quand eux n'y voyaient qu'un jeu (comme inonder la salle de bain pour se faire une piscine...)
Il ont une sensibilité émotionnelle très développée et se mettent parfois dans un état d'émotion excessif suite à une frustration. Ils sont alors incapables de se contrôler et faire redescendre leurs émotions, ils ont alors seulement besoin de confiance et d'amour (il est encore une fois prouvé scientifique que prendre un enfant dans ses bras développe l'hormone de l'ocytocine, hormone du bien-être), c'est la seule chose qui leur permettra de "redescendre".
J'ai pu le tester sur ma fille à plusieurs reprises, et même s'il peut sembler illogique de prendre un enfant dans ses bras quand il fait une colère, parcequ'il vient de faire une bêtise, de se faire disputer, il est aussi impossible d'avoir une discussion constructive avec un enfant dans cet état là ! Donc ma priorité à cet instant, et parceque je ne supporte pas non plus de la voir comme ça, et de l'apaiser, et après on peut discuter de la situation...


De nos jours, avoir un enfant sage est un critère de qualité. Rien d'autre n'est autant remarqué et apprécié qu'un enfant sage et ça, on est bien obligé de tous le reconnaître !
Mais être sage, c'est obéir, et obéir est parfois synonyme de soumission. Or, l'obéissance (quel vilain mot) ne s'apprend pas pas par la soumission mais par la confiance ( Oubliez le système des punitions, chantage, récompense...).
L'obéissance par la soumission n'a pour seul effet que de développer la peur. L'enfant n'obéira alors que parcequ'il  a peur et non parcequ'il comprend et qu'il respecte ses parents.
De plus, la peur qu'il va développer, va également développer son manque de confiance en lui et en faire un adulte peu sûr de lui...
J'ai aimé une phrase d'Arnaud Deroo : "Ce n'est pas parceque le monde va mal que l'on doit élever nos enfants dans la dureté" ! Je l'ai trouvé parfaitement adapté à notre époque et à la façon de voir les choses de certaines personnes de mon entourage...


De cette conférence, j'ai tiré de la culpabilité ( Oui on était prévenus dès le départ !), et de bonnes idées. Il est pourtant dommage de ne pas avoir les clés pour "réussir son éducation" ! Ça peut être frustrant qu'on ne nous dise pas alors comment faire, mais chaque enfant est unique et chaque parent également, nous avons tous notre histoire qui va jouer sur l'adulte que nous sommes et l'éducation que nous donneront à nos enfants.
Dans la vie de tous les jours, j'essaye de mettre en pratique ces grands principes avec lesquels je suis daccord et qui respectent mes propres valeurs, mais rien ne sert de culpabiliser quand on fait "un pas de travers" ! Nous ne sommes pas toujours, nous non plus, dans un état émotionnel suffisamment fort pour respecter ces principes qui peuvent parfois être tellement contraires avec ceux de nos parents, grands-parents, et ceux de la société actuelle !
J'avoue, il m'arrive de punir ma fille, même si je regrette la seconde suivante, c'est trop tard. Il m'arrive d'aller à l'encontre de mes propres valeurs ! Et pourtant j'y tiens. Le principal c'est de donner de l'amour à ses enfants et de les respecter, et ce, au quotidien !
Voilà ce que j'ai pu apprendre de cette conférence : je ne suis pas une mauvaise mère ! :)

3 commentaires:

  1. C''est chouette je trouve de participer à ce genre de conférence ! ça aide à prendre du recul et à se rassurer :)

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    1. Ou pas ! lol. Non c'est clair, moi j'adore, quand le thème me plaît, je fonce !

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  2. Très intéressant merci !

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